.Rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles. Accablée d'une certaine douleur psychologique, je n'arrive pas à en faire abstraction. Je pense à tout et à rien. Je n'ai aucune envie. Bref passage de l'adolescence ? Je ne pense pas non. Je suis assez grands pour comprendre que ce n'est pas une petite crise pitoresque. Dans ma tête tout change. Je n'ai plus les mêmes centres d'intérêts. Même si c'est par les méricordieuses voies du mensonge,je reste une énigme à moi seul. Il plane sur moi cette opacité cruelle de l'ambition,la froideur de la jeunesse. Mes pensées énigmatiques me plongent dans une torpeur accablante et assassine,ce trouble de l'adolescence,cette sorte de convention,me fait observer tacitement le monde qui m'entoure.Un monde désseché,stéréotypé. Une société marquée par un misérabilisme outré et par un esthétique étouffée. La connerie humaine atteint son apogée ,cette société vomissante nous embourbe dans une déchéance rapide et indolore,cruelle et basse. Le brouillard épais de l'ignorance embrume nos esprits édulcorés et aseptisés. Seul mon sens de l'ésthétique perpetuellement en éveil ,me sauve de mon septiscisme moral constant,mais on le sait,le sens de l'esthétique conduit parfois,à de regrettables écarts... Je suis envahie par un violent sentiment de colère, je réalise que je vais mourir un jour, que je ne serais plus là, que je n'aurais plus ma conscience. Ma conscience,cette harpie mesquine et minable,est trop lâche pour comprendre. Je suis ulcérée mais sans acrimonie, un sentiment de résignation plus puissant que l'angoisse ,me fait prendre un ton de déférence ironique.Je suis parfaitement insupportable dans ma demi-insolence, demi-indépendance.
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